Un rapport différent à la voiture ?

altSelon une enquête du CREDOC d'août 2011 [1], le rapport à l'automobile en France est en train d'évoluer : facilité indispensable dans certaines périodes de la vie, les automobilistes montrent une tendance à réduire leur budget voiture et l'utilisation qu'ils en font. Un changement d'attitude lié aux finances des ménages et à leur souci de respect de l'environnement, mais aussi à la possibilité de se déplacer autrement... quand le même trajet est faisable en transports en commun.

 

Utiliser sa voiture, un signe de l'âge ?

Il semble que oui : seuls 59 % des 18-24 ans disposent aujourd’hui d’une voiture (contre 74 % il y a vingt ans) ; la hausse des taux d’équipement constatée au niveau national (83 % des ménages en 2008, contre 77 % en 1990 ou 58 % en 1970) est, en réalité, surtout portée par les seniors.

Au-delà d’un effet lié à l’âge (l’usage de l’automobile est toujours plus fréquent après 25 ans car le niveau de ressources augmente et la situation familiale évolue), les nouvelles générations utilisent de moins en moins ce moyen de transport.

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Des voitures moins neuves, moins puissantes... laissées plus souvent au garage

Les Français gardent désormais leur voiture plus longtemps : l’âge moyen des véhicules est passé de six ans en 1990 à huit ans depuis 2006. Et les acheteurs orientent aussi davantage leurs choix vers les véhicules d’occasion qui représentent 62 % des automobiles en circulation en 2008 (contre 50 % en 1990). Dans les achats de voitures neuves, ce sont d'ailleurs les véhicules moins puissants qui l'emportent : 79 % des immatriculations neuves appartiennent à la catégorie des moins de 6 chevaux fiscaux en 2009 (contre 62 % en 2003).

Une autre évolution est la tendance à laisser plus souvent sa voiture au garage : le parcours annuel moyen des voitures particulières est ainsi passé de 14 031 km en 2001 à 12 791 km en 2009, alors que l’étalement urbain croissant aurait pu jouer en sens inverse. Si l’augmentation du prix des carburants a vraisemblablement contribué à changer les attitudes,  ces dernières sont aussi liées à l'existence d'une alternative à l'automobile or aujourd'hui 87 % des Français disposent d’au moins un accès de transport en commun à moins de 10 minutes de chez eux (contre 78 % il y a dix ans). Une étude de l’INSEE montre par ailleurs qu’une amélioration du maillage territorial et une diminution des prix des transports en commun constitueraient le premier levier de l’abandon de la voiture.

Selon un sondage récent [2], 75% des Français jugent que l’utilisation de la voiture est plus chère que les transports publics et 37% estiment que la voiture revient dix fois plus cher... mais ils ne sont que 14% à savoir que la voiture coûte en fait vingt fois plus cher que les transports si l’on tient compte de l’amortissement de la voiture, de l’entretien, du coût du parking, du carburant, des amendes… (le rapport 20 étant un maximum entre un usager qui n’utilise jamais de voiture et un autre qui l’emprunte quotidiennement).

Les inconditionnels de la voiture

Il reste néanmoins 30 % de la population pour déclarer que rien n’est susceptible de les amener à moins utiliser leur véhicule personnel.


[1] www.credoc.fr/publications/abstract.php?ref=CMV242

[2] Sondage réalisé par le Gart (Groupement des autorités responsables des transports), l’UTP (Union des Transports Publics) et le GIE Objectif Transport Public auprès d'un échantillon représentatif de 1.009 individus âgés de 15 ans et plus,  les 23 et 24 août 2011